FME-QUEBEC #1 / UN GARS EXTRA

A Rouyn-Noranda, petite ville aurifère du Québec sise à 700 kms de Montréal (Canada), il y a un type remarquable, un gars extra qui fait crac boum hue, un jeune homme qui se démène avec passion pour la musique chez nos cousins francophones. Sandy Boutin est l’heureux initiateur et boss d’un joli Festival des Musiques Emergentes (FME). Le genre de garçon à offrir un BBQ méchoui géant (avec entrée et dessert !) à tous les festivaliers quand résonnent les premières notes (rock) au Cabaret de la Dernière Chance, rade bien nommé au vu des vertigineuses immensités forestières qui couvrent une région -Québec- 2,5 fois grande comme la France mais avec 8 fois moins d’habitants.
Le soleil est au rendez-vous pendant les 5 jours de festivités de cette 7eme édition, même si tout celà se passe en majorité dans les bars de la ville, hormis quelques instants musicaux à la marge (session électro dans le parc municipal, afters dans une ancienne église !).
Seconds à l’ Ipod Battle, prem’s au Karting Race, pas les derniers à l’apéro mais bredouilles à la pêche : les gars des Eurockéennes se sont, dans l’ensemble, plutôt bien tenus.
La météo et la géo posées, le palmarès dévoilé, passons au menu musical et retenu.
Issu du punk rock radical, Lake of Stew est une bande de joyeux campagnards qui vivent à la ville (Montréal) et revisitent au poil près (mais bien fourni) le répertoire traditionnel américain dit folk old time avec accordéon, dobro, harmonica, mandoline, contrebassine et voix tour à tour célestes et râpeuses. Tout en énergie, il n’a suffit que de quelques chansons bien troussées pour mettre tout le club de la Scène des Patriotes en ébullition. Pour les amateurs de Dock Boggs, de Iry Lejeune, des prod de l’ethno-musicologue Alan Lomax et -plus près- des couinements/grincements de la B.O. du O’ Brother des frangins Cohen.
Au rayon frais, 2 repérages. Le jeune (1 ep au compteur) quatuor electro rock son Atari : Cougarettes et sa chanteuse à cran ont secoué méchamment le public du Groove en toute fin de soirée et Orange Orange (1 lp dans la besace) qui pousse plutôt la chansonnette electro qui n’est pas sans rappeler celles du fiston Chedi.
Les rappeurs Radio Radio sont des jeunes turbulents qui viennent de la Nouvelle Ecosse. Ca bataille ferme sur scène et dans la salle, le flow est sûr et les samples déconneurs. « Du Radio Radio qui blair des speaker du car avec la trunk ouvarte, ca va êt’e right la fun ! » Habitué depuis quelques jours à ne pas tout piger du langage fleuri avec accent des gars du coin, je ne me sens plus seul quant un autochtone m’avoue que les Radio Radio sont des acadiens qui parlent un mélange franglais : le chiac. Et que, si le public se marre, c’est que tous bennent que dalle à ce qu’ils racontent sauf… ceux de la région de Moncton (Nouveau-Brunswick). Me voilà rassuré.
jpr.
A écouter…
Lake of stew : The 105
Cougarettes - Milk Fangs Moscow Mixtape
Radio Radio - Forme Elliptique
Radio Radio - Posez une oreille sur l’interview pour une leçon de chiac.
le festival FME : www.fmeat.org/FME09
photo : http://cyclopes.zenfolio.com/fmeat2009
