Mercredi 17 octobre, aéroport Charles de Gaulle/Paris, départ pour Ouagadougou/Burkina Faso. A moins de 6h de Paris se joue la 7 éme édition du Waga hip hop 07, le plus grand festival de cultures urbaines d’Afrique de l’Ouest. Une intervention dans un panel pro autour de la notion de réseau (du sérieux !) est l’occasion de revoir des amis chers et plonger de bonne gr?ce dans le bain amniotique du rap africain. Arrivée tardive à l’aéroport de Ouagadougou en compagnie de Oxmo Puccino et ses Jazz Bastards. Pour sa première étape de tournée africaine, Oxmo re?oit à sa sortie de douane un accueil présidentiel d’une cinquantaine de fans qui scandent son nom. Le géant Oxmo semble touché en plein c?ur.
Il s’agit tout d’abord de trouver les bonnes mob pour 5 jours intenses de déambulations urbaines en milieu musical burkinabè. Une fois l’affaire bouclée (2000 cfa/jour pour une 50 cm3 Big Boss à vitesse et autocollants -Alicia Keys/50 cent/Vierge Marie-, nous découvrons à Ouaga, ville fourmilière, une multitude d’équipements culturels de premier ordre : locaux de répét, salles de spectacles couvertes, arènes, centre chorégraphique, théatre urbain en plein air. On sent partout la pulsation de la musique et du rap en particulier. On a la pêche.
Dans les locaux de répèt du Jardin de la Musique (Reemdoogo), un coup de coeur direct pour les nouveaux guerriers du hip hop burkinabè : Malk’höm et David, 2 mc’s qui rappent en fran?ais et mooré au sein de Faso Kombat. Les lyrics sont incisives, ?a claque, c’est du bon.
Octobre 07, c’est pile les commémorations du vingtième anniversaire de la disparition du révolutionnaire panafricaniste Thomas Isidore No?l Sankara, assassiné le 15 octobre 1987 et celle de l’accession au pouvoir de Blaise Campaoré, actuel président du pays des hommes intègres. Les spéciales dédicaces, hommages et autres mentions se succèdent sur toutes les scènes en particulier au concert des espoirs togolais Fonetic, des rappeurs Smokey (Burkina) et de Awadi (ex Positive Black Soul/Sénégal). Association du thé?tre burkinabè(ATB) et Centre culturel fran?ais (CCF) pour les uns, Stade municipal avec Goudé et ses Magic Sytem pour les autres. Une ombre sankariste en treillis révolutionnaire, rêvée altermondialiste et anti-impérialiste, plane sur le festival.
Sit?t la remise du prix à El Grintcho vainqueur nigérien de la coupe d’Afrique de battle, Ali Dialo, directeur heureux du festival, fait la valise pour le Womex à Séville. En escale à Niamey (Niger), des projets communs s’esquissent : on discute résidences et clash artistiques? à suivre. Gros succès donc pour cette édition du Waga hip hop : un public nombreux, des soirées sold-out, du bon son, de l’énergie et la Flag qui coule à flot. Au rayon surprise, la jeune rappeuse ivoirienne Nash (23 ans/quartier Yopougon/Abidjan). Conscience du ghetto, cette princesse explosive du Nouchy (argot urbain ivoirien) dans un pur style zouglou matinée rap ragga dance hall est la découverte du festival. Ya pas soua !
> Ecoutez Nash - “Freestyle”
> Ecoutez Nash- “1° Djandja”
Vifs remerciements à Ousmane ?Jaguar ?Boudaone, Nadége, Dimitri et Ali Dialo (Waga Hip Hop), Baz et Faso Kombat, Pierre Michaillard, Olivia Chouquet (photos), Catherine R. et tous ceux qui nous ont ouvert leurs portes.