# 5 JAKADI : J’AI ETE CONSULTANT ARTISTIQUE AU NIGER

Jacques Livchine, co-directeur du théâtre de l’Unité revient sur Pluie Violette pour son quatrième Jakadi :
Ça coûte 710 € l’avion pour Niamey. Nous sommes convoqués par l’ambassade de France au titre de la coopération culturelle, histoire de faire un état des lieux du théâtre au Niger. C’est quasiment le pays le plus pauvre du monde. Faut–il s’occuper des problème de l’art alors que le problème de la faim n’est pas encore réglé ? Ma réponse : une société c’est comme un corps, tu vas pas t’occuper uniquement de l’estomac et abandonner les autres organes. Tout est solidaire.
On déborde du théâtre, nous rencontrons les rappers. Ils nous demandent conseil : comment faire pour jouer en France, puisque chez eux, ils n’ont aucune chance de percevoir la moindre rétribution ? Je leur dis : si votre rap est copie conforme du rap occidental, vous n’avez aucune chance. Inventez le rap touareg, le rap peuhl, un rap à vous, un rap nigérien, soyez spécifique, soyez unique, soyez vous–mêmes. Et là, miracle, Dankowa sort du rang, il a 27 ans, et il nous scotche. La langue est étrange, les gestes chorégraphiés à la touareg, ça sort de l’ordinaire, c’est vitaminé. Je lui promets de retour en France de parler de lui. Son mel : dankowa@yahoo.fr.
A part ça, on a vu dans la savane, 7 des dernières 300 girafes du monde.
