
La recette est désormais éprouvée : une ville (Rekjavik/Islande), des clubs (7), des concerts, showcases et aftershows (200) pour exposer le temps d’un festival (Iceland Airwaves) la scène locale et les probables next big things. Le public,en nombre, est furieusement agité et les professionnels compulsifs. Festivals à la recherche de « la claque », managers à celui « du plan » qui emmènera leurs protégés au sommet. Le temps compte. L’argent aussi.
Surtout en ce mois d’octobre du côté de l’Islande où le drakkar économique tangue dangereusement. En tête de peloton des pays les plus riches du monde, le pays traverse la crise la plus grave de son histoire : dépréciation de la monnaie, faillites bancaires, avec l’habituelle cohorte de sombres conséquences (chomdu, récession…). Loin d’une quelconque empathie devant le désastre, les camarades européens prenaient l’affaire avec sourire : dans ce pays réputé cher, plus besoin de demander un devis avant de commander bière (Viking) ou hot dog…
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[suite]…Pendant le grand prix de karting auquel participent journalistes et musiciens, un des concurrents s’arrête pour rendre son brunch, puis repart vaillamment. Histoire de booster la carrière de Mille Monarques, nous convenons avec Louis de raconter qu’il s’agit d’un musicien du groupe… Pour nous remettre de nos émotions, nous allons voir les Blue Seeds à la Légion où l’on nous a réservé des chaises sur l’estrade. A la fin de leur set délicat, nous nous retrouvons entre “pros” pour un repas chaleureux au cours duquel je montre à An Pierlé la vidéo de Xavier donnant le biberon à Bambi au refuge Pageau. Puis nous filons voir Plants And Animals, un groupe découvert entre Paris et Montréal grâce à Canada Air. Même si elles perdent en subtilité en live, les mélodies de Parc Avenue, leur premier album, enchantent la salle.
Laura Veirs enchaîne seule sur scène avec sa guitare. La veille, l’avion de la songwritter folk de Portland a dû rebrousser chemin à cause du brouillard. Après l’avoir saluée sur le trottoir, nous filons au Cab’ pour le set de Spade and Archer, un gang de lyonnais que nous avons rencontrés dans un ascenseur à Montréal. A minuit, retour au El Paso pour revoir O’Death… Leur show est encore plus fou que la veille et le violoniste “écœure” littéralement nos accompagnatrices. En fin de soirée, Cédric, le chum de Mélanie, nous propose une partie de pêche.
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Rouyn-Noranda, 638 km au nord-ouest de Montréal. La capitale du cuivre accueille la sixième édition du festival de musique émergente, soit 60 concerts dans une dizaine de lieux et 350 invités choyés par une gang de 150 bénévoles. Pour l’ouverture au Cabaret de la dernière chance – Icitte, tout le monde dit “le Cab”- Samian, un rappeur né au sein de la communauté autonome de Pikogan, scande ses textes en français mais aussi en algonquin.
Au pays des aurores boréales, on ne boit pas de bière à la pression, mais des canettes de “Boréale”, une bière naturelle blonde, rousse ou blanche. Pendant le méchoui qui suit, Diane, une aventurière qui a déjà parcouru des milliers de kilomètres sur un radeau à la manière des convoyeurs de fourrures du 19ème siècle, raconte ses exploits. Un peu plus tard au Paramount, un cinéma qui sert aussi de salle de spectacle, Jérôme Minière gâche son show avec des blagues oiseuses et des pas de danses à la Justin Timberlake. (Lire la suite…)