19 avril 2010

IMPETUS, JOUR2 : LA DIVERGENCE AU QUOTIDIEN

Impetus

Parfois je me dis que j’ai dégotté le meilleur job du monde : chroniqueur du festival Impetus. Je me demande si je suis plus, ou moins à envier que les types qui extraient de la houille à mains nues l’hiver à Vladivostok, ou que ceux qui conduisent des camions chargés de nitroglycérine sur les pistes défoncées de la jungle amazonienne. Résumons : je ramasse toute la sainte journée les sons les plus violents et les plus déjantés qui soient ; j’écris en rentrant la nuit dans un état de fatigue et d’hébétude qui met dangereusement en péril mon fragile équilibre psychologique ; je m’écroule à point d’heure sur le tapis que D. m’a accordé en guise de couche ; je suis réveillé à l’aube par le soleil levant de 10h30 car D. a retiré les rideaux des fenêtres de la piaule que j’occupe ; et lorsque timidement, plein d’espoir, je m’adresse à D. et L’implore de m’accorder un petit break dans mes obligations rédactionnelles, D. me jette un regard plein de reproche, un regard qui dit à peu près : « J’entends ta souffrance, mais tu as quand même intérêt à te sortir les doigts du cul, et fissa », puis Il brosse de la main le revers de Sa veste satinée, et me répond de Sa voix doucereuse, mais ferme : « On avait dit une chronique par jour, Antoine G. Une chronique par jour. Ne me déçois pas. »
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16 avril 2010

IMPETUS, LA PROG DECRYPTEE part2

Impetus

“So, you wanna be hardcore?” lançait Notorious B.I.G. en ouverture de son hit de 1994, Machine Gun Funk… T’inquiète, on y pourvoie. Après le sludge, voici Sludge. Oui, ça se complique… Je reprends. Le sludge est un sous-genre du metal. Sludge est un groupe suisse qui arrache tout. Mais Sludge ne fait pas de sludge (ça aurait été trop simple): non, Sludge fait, comment dire, du “death metal hardcore mâtiné d’un tantinet de doom”… Un autre des 1.200 sous-genres cités plus haut…
Enfin, oublions les classifications. Sludge fait de la musique, et pas à moitié. Je n’ai jamais pu mettre la main sur leur classique “Scarecrow Messiah”, mais je me souviens des premières écoutes de leur dernier album, “Lava”: l’impression est énorme, gigantesque. On est saisi, happé, par un superbe fracas organique, une puissance de feu incroyable qui se déploie avec une maîtrise rare tout au long de compos ambitieuses et complexes, tendues à l’extrême, pleines de ruptures, de montées vertigineuses et d’effets tétanisants.
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