IMPETUS, JOUR2 : LA DIVERGENCE AU QUOTIDIEN

Parfois je me dis que j’ai dégotté le meilleur job du monde : chroniqueur du festival Impetus. Je me demande si je suis plus, ou moins à envier que les types qui extraient de la houille à mains nues l’hiver à Vladivostok, ou que ceux qui conduisent des camions chargés de nitroglycérine sur les pistes défoncées de la jungle amazonienne. Résumons : je ramasse toute la sainte journée les sons les plus violents et les plus déjantés qui soient ; j’écris en rentrant la nuit dans un état de fatigue et d’hébétude qui met dangereusement en péril mon fragile équilibre psychologique ; je m’écroule à point d’heure sur le tapis que D. m’a accordé en guise de couche ; je suis réveillé à l’aube par le soleil levant de 10h30 car D. a retiré les rideaux des fenêtres de la piaule que j’occupe ; et lorsque timidement, plein d’espoir, je m’adresse à D. et L’implore de m’accorder un petit break dans mes obligations rédactionnelles, D. me jette un regard plein de reproche, un regard qui dit à peu près : « J’entends ta souffrance, mais tu as quand même intérêt à te sortir les doigts du cul, et fissa », puis Il brosse de la main le revers de Sa veste satinée, et me répond de Sa voix doucereuse, mais ferme : « On avait dit une chronique par jour, Antoine G. Une chronique par jour. Ne me déçois pas. »
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