
A l’entrée du Cinéma des Quais, l’équipe des Eurocks attendait au grand complet. Posté sous l’escalier, Kem bombait le torse comme jamais : la soirée promettait d’être chaude. En arrivant dans la salle, la bande-annonce du dernier Scorsese inondait l’écran. Au bout de trois minutes d’attente et de pluie battante sur Shutter Island, le bon sens nous fit entrevoir que nous n’étions sans doute pas dans la bonne salle. Après ce faux départ à mettre sur le compte d’une signalétique défaillante, on se retrouva entre amis dans une salle beaucoup plus vaste. Comme le précisa d’emblée Jean-Paul Roland, l’équipe avait préféré un écran hyper large dans une salle un peu trop grande à une salle plus pleine avec un écran trop petit. Christian Allex profita du petit speech de présentation pour annoncer que le festival, désireux de s’écarter toujours plus des sentiers battus, était à la recherche de nouveaux lieux pour proposer des concerts encore plus improbables en décembre prochain. Il nous apprit également que pour bâtir la programmation de GéNéRiQ, il travaillait en liaison étroite avec le Cylindre, le Noumatrouff, la Poudrière et la Vapeur afin de tenir compte des biorythmes de chaque ville. A l’entendre, on se mit à imaginer que pendant que le mulhousien faisait la sieste, le bisontin était peut-être à la messe, le dijonnais au bistrot et le belfortain à la pêche sur les rives du Malsaucy.
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Dernière mission pour le journaliste fm-r infiltré dans l’univers tumultueux de GéNéRiQ : suivre la clôture du festival qui passe notamment par une sortie rock’n'roll dans une citadelle fortifiée belfortaine. Ambiance…
« This one is for dancers ! » - 22 février, Belfort – Le Château. Manque pas d’air le chanteur de Jim Jones Revue. Voilà 72 heures qu’on se démène de bibliothèques en salles de concert, de bars en dancefloors et faut encore qu’on se fasse invectiver le dernier jour par un chanteur à noeud pap’. A sa décharge, on reconnaîtra au londonien d’avoir mis un peu de chaleur dans un dimanche aprèm qui en manquait cruellement. Jim Jones ? Ca sonne un peu comme des standards façon fifties ou sixties ; du Little Richard ou du Jerry Lee Lewis qu’ils disent dans les Inrocks. Un rock n’roll pur et dur donc qui ne ré-invente rien. Sans doute ce qui fait tout son charme. Un peu plus tôt, le duo allemand Schwefelgb squattait d’autres combles de la citadelle belfortaine. Une performance électro quasi-punk à vous faire remonter des souvenirs de nuits berlinoises. Comble du bonheur : la chemise cow-boy du frontman façon Buffalo-Grill de Moulins. C’est ce qu’on appelle avoir le sens du détail.
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Deuxième incursion des impertinents journalistes de fm-r au coeur de GéNéRiQ. Concerts à la bibliothèque ou dans les salles majeures de la région, fm-r a testé le festival.
« Y a des soirs où je me fais vraiment peur ! » - 21 février, Mulhouse – Le Noumatrouff. Cyril est batteur de We are Enfant Terrible. Il est aussi atteint d’une pathologie mentale revendiquée. Dopé à la «8 bits », l’électro-punk qu’il dégaine avec ses deux camarades de jeu traverse GéNéRiQ sous les louanges et contredit la règle qu’il faut toujours savoir se méfier du buzz. Rodé dans les clubs branchouillards de Londres, Paris ou Hong-kong, le show des Lillois est désormais calibré pour une montée en 1° division du rock. Une Nintendo DS collée aux semelles. Autre genre, autres mœurs avec The Mighty Underdogs devant un auditoire bien clairsemé. L’occasion de vérifier que pour le hip-hop comme pour la cuisine, c’est avec les vieilles recettes qu’on fait les meilleures soupes : deux MCs, une platine, un clavier aux faux-airs de Stéphane Guillon et bien entendu, un maximum de groove. ” We want the funk, we need the funk”, si t’es un nerd alsacien lève les bras !
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La Terre a tremblé à l’Ecole du Quai de Mulhouse pendant GéNéRiQ. Récit d’un sismologue maison qui a constaté l’étendue des dégâts.
Alors que les trois membres du groupe, partis en voiture de Rennes le matin même avec tout leur matos, finissent à peine la balance, le public arrive doucement. Il y a les élèves de l’école d’art de Mulhouse qui sortent par grappes des salles de cours et des ateliers. Il y a aussi les accros de GéNéRiQ, qui ne manqueraient pour rien au monde une occasion de se retrouver à l’heure de l’apéro (les élèves ont organisé une petite buvette) avant la première d’une série de trois grandes soirées au Noumatrouff. Dès que le trio (deux guitaristes et un batteur) se met en place, un arc de cercle se forme pour les écouter quasi religieusement. Le son du groupe est compact et tranchant, même si l’acoustique du lieu n’est pas idéale. Le batteur tape comme un dingue et gémi juste ce qu’il faut dans son micro pour ajouter une touche de rock’n’roll gluant aux compos.
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Fm-r, la communauté d’infos sur les festivals par des festivaliers, vient tester pendant la durée du festival GéNéRiQ le concept de tumultes scéniques en ville. Première étape dans le chef de la région Bourgogne avant de s’attaquer à Mulhouse et Belfort le week-end prochain.
« I got a list of demands written on the palm of my hands… » - 14 février, Dijon – La Vapeur. Saul Williams éclabousse de toute sa classe la troisième soirée du GéNéRiQ 2009. On pense à Iggy Pop bien sûr. Mais avec des Stooges qui auraient troqué leur couple basse-batterie pour un duo machines-claviers. On pense aussi à la culture hip-hop et au slam. Mais noyés dans un fracas sonore aux accents punks. Oui, Saul Williams est bien un Monsieur, un totem dans la programmation de ce festival et sa sortie dijonnaise n’aura en rien fait insulte à sa flatteuse réputation. « Lui, j’le mettrais bien dans mon lit » glisse ma voisine de droite à sa frangine qui acquiesce. Qui a dit que l’Est n’était pas sexy ? Plus tôt dans la soirée, sur cette même grande scène, les Asteroids Galaxy Tour démontraient qu’ils ne sont pas seulement la BO d’une pub pour Ipod. Les six nordiques (jeu de mots) présentent un show groovy et coloré. Au micro, Mette - à prononcer à la danoise - dodeline sans en faire trop. De quoi se mettre dans la poche une Vapeur pas vraiment pleine, pas vraiment vide non plus. Dans le club, Thecocknbullkid séduit également. Parée d’une robe à paillettes du plus bel effet, la charismatique chanteuse londonienne déroule ses titres délicieusement pop. Brillant et novateur.
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