27 avril 2010

IMPETUS, THIS IS THE END

 impetus

En France on n’a pas de pétrole, mais on a Membrane. Hormis le fait d’avoir choisi un nom complètement pourri, le groupe, révélation des tremplins Eurocks 2004, confirme lundi soir à la Poudrière qu’il n’a rien perdu de sa puissance de feu. Bien calés sur leurs appuis, les trois musiciens balancent une noise pleine d’intensité, qui évolue vers un post-hardcore à la Neurosis période fin des années 90, avec les morceaux construits sur des boucles qui se déploient en crescendo sur dix minutes. Un petit sentiment de déjà entendu, donc, mais une sensation impressionnante malgré tout.
Et je ne peux hélas pas vraiment en dire plus car j’ai manqué une partie du set, retenu que j’ai été sur la scène du CCN de Belfort pour « I Offer Myself To Thee » : un spectacle musical et chorégraphique du danseur et parolier Jeremy Wade, accompagné de deux musiciens. Ces derniers soutiennent, au moyen d’un krautrock planant, un propos un tantinet néo-hippie sur, en gros, le conflit entre les aspirations cosmiques de l’individu et l’univers sensoriel étriqué de la société moderne – c’était en anglais, il ne faut pas trop m’en demander non plus. Après une alternance de moments euphoriques et anxiogènes, tout se résout plus ou moins dans une espèce d’affirmation de l’amour comme solution à tous les problèmes. Ce qui serait génial si c’était vrai…
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21 avril 2010

IMPETUS, JOUR DES SAIGNEURS

Impetus

C’est donc dimanche, jour du Seigneur, et je suis réveillé en sursaut par une espèce de fanfare médiévale organisée par les gueux du coin, probablement pour célébrer l’anniversaire du retour de croisade de leur suzerain le grand-duc d’Ajençon en l’an de grâce 1010, ce dont nous n’avons strictement rien à secouer, au fond.
En plus j’ai dormi comme une merde, et tout ça me met d’humeur très trash. Contrairement à ce que je redoutais, le Docteur ne m’a pas violé pendant la nuit, mais il a eu un sommeil agité de violentes convulsions et de grognements obscènes. Putain, j’ai eu l’impression de dormir aux côtés de la fillette possédée de “L’Exorciste”! Et la perspective de plonger dans l’univers bruitiste expérimental de Karkowski et Ottavi, au programme cet après-midi, ne risque pas de m’aider à sortir du trou.
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19 avril 2010

IMPETUS, JOUR2 : LA DIVERGENCE AU QUOTIDIEN

Impetus

Parfois je me dis que j’ai dégotté le meilleur job du monde : chroniqueur du festival Impetus. Je me demande si je suis plus, ou moins à envier que les types qui extraient de la houille à mains nues l’hiver à Vladivostok, ou que ceux qui conduisent des camions chargés de nitroglycérine sur les pistes défoncées de la jungle amazonienne. Résumons : je ramasse toute la sainte journée les sons les plus violents et les plus déjantés qui soient ; j’écris en rentrant la nuit dans un état de fatigue et d’hébétude qui met dangereusement en péril mon fragile équilibre psychologique ; je m’écroule à point d’heure sur le tapis que D. m’a accordé en guise de couche ; je suis réveillé à l’aube par le soleil levant de 10h30 car D. a retiré les rideaux des fenêtres de la piaule que j’occupe ; et lorsque timidement, plein d’espoir, je m’adresse à D. et L’implore de m’accorder un petit break dans mes obligations rédactionnelles, D. me jette un regard plein de reproche, un regard qui dit à peu près : « J’entends ta souffrance, mais tu as quand même intérêt à te sortir les doigts du cul, et fissa », puis Il brosse de la main le revers de Sa veste satinée, et me répond de Sa voix doucereuse, mais ferme : « On avait dit une chronique par jour, Antoine G. Une chronique par jour. Ne me déçois pas. »
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18 avril 2010

IMPETUS, LE COMMENCEMENT : AU DEBUT ETAIT EYEHATEGOD

Il y a des jours comme ça, qui commencent par des expériences délicates, de jolies nuances et des affects paisibles, et qui vous amènent tranquillement, presque imperceptiblement, à un déluge d’ultra-violence.
C’est ainsi que ce vendredi, dans la pâle lueur de l’aube parisienne, à 11h du matin, j’ai retrouvé l’ami F., que je nommerai le Docteur, à la fois pour respecter son anonymat (F. a récemment quitté femme, enfant et travail pour venir à Impetus) et pour souligner le rôle précieux qu’il joue à mes côtés - tant il est vrai que le Docteur a toujours avec lui les substances et les méthodes thérapeutiques qui conviennent pour tempérer mon instabilité émotionnelle et mon hyper-sensibilité au post-hardcore. Et c’est ainsi que tous deux nous avons bouffé du pneu enragé, Cult Of Luna à fond dans les enceintes, direction la Franche Comté.
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16 avril 2010

IMPETUS, LA PROG DECRYPTEE part2

Impetus

“So, you wanna be hardcore?” lançait Notorious B.I.G. en ouverture de son hit de 1994, Machine Gun Funk… T’inquiète, on y pourvoie. Après le sludge, voici Sludge. Oui, ça se complique… Je reprends. Le sludge est un sous-genre du metal. Sludge est un groupe suisse qui arrache tout. Mais Sludge ne fait pas de sludge (ça aurait été trop simple): non, Sludge fait, comment dire, du “death metal hardcore mâtiné d’un tantinet de doom”… Un autre des 1.200 sous-genres cités plus haut…
Enfin, oublions les classifications. Sludge fait de la musique, et pas à moitié. Je n’ai jamais pu mettre la main sur leur classique “Scarecrow Messiah”, mais je me souviens des premières écoutes de leur dernier album, “Lava”: l’impression est énorme, gigantesque. On est saisi, happé, par un superbe fracas organique, une puissance de feu incroyable qui se déploie avec une maîtrise rare tout au long de compos ambitieuses et complexes, tendues à l’extrême, pleines de ruptures, de montées vertigineuses et d’effets tétanisants.
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