28 novembre 2008

#6 BACK TO MONO : YOUNGER THAN YESTERDAY

entrevues

Piqué au vif, Monsieur Loutte prouve ici même, en cette (ultime?) chronique, qu’il n’a pas l’âge de ses artères, encore moins de celui de ses héros.

Vous croyez que je ne vous entends pas maugréer ? Mes oreilles sifflent autant que piquent mes yeux. Mais il me plaît que cette chronique louvoie entre l’hospice et le mausolée, la brocante et la thanatopraxie, qu’on y glorifie septuagénaires, paraplégiques, anciens combattants, perdants magnifiques ou cœurs brisés tombés au champ d’honneur. Vous vous attendiez à quoi, avec un titre pareil ? « Back to mono », sincèrement, ça va bien au-delà du clin d’œil spectorien, ça sent la peur panique du pluralisme, ça sonne comme le baroud d’honneur d’un vieux con rétrograde qui s’échine à remonter le courant telle une truite saumonée, mais qui finira par s’échouer en plein delta du Mississippi, tout de blues mazouté. Mojo versus Tsugi, la naphtaline plutôt que l’ecsta, on peut remplir tout un ring comme ça.
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27 novembre 2008

# 5 BACK TO MONO : LABEL ROUGE ET TUBES MOROSES

 entrevues

Betrand Loutte pénètre dans le monde de Robert Wyatt faisant le lien entre l’artiste et Damon & Naomi. Nouvel éclairage.

Il y a dix jours, j’ai enfin pu mener à bien un trip sémantico-géographique initié il y a plus d’un an : dépêcher Loutte à Louth (Lincolnshire, près des côtes anglaises, plein est), pour aller filmer Robert Wyatt.
Wyatt, batteur de Soft Machine, exclu par ses petits camarades après l’album « Fourth », puis fondateur de Matching Mole, traduction pataphysicienne du précédent. Wyatt, défenestré par l’éthylisme en 1973, Lazare un an plus tard, par la grâce de « Rock Bottom », un des plus beaux disques de non-rock au monde. Wyatt qui voit ce mois-ci tous ses albums réédités (et en vinyl, please !) par Domino.
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26 novembre 2008

# 4 BACK TO MONO : NOUS SOMMES AFFREUX, MAIS NOUS AVONS LA MUSIQUE

entrevues

Alors qu’Entrevues a déjà parcouru la moitié de son chemin, Betrand Loutte nous revient avec un nouveau carambolage cinématographique et musical.

A mi-parcours festivalier, je pique du nez (mais, rassurez-vous, pas à la manière de Johnny Tonnerre). Yeux explosés, teint cireux, poil terne (et rare), et même pas la possibilité de raser les murs. En plus, je suis jaloux de Shanti Masud qui fait un aller-retour express Belfort-Paris pour aller voir Leonard Cohen à l’Olympia. Cela m’aurait fait du bien d’entendre le canadien bouddhiste délivrer cette bénédiction extraite de Chelsea Hotel : « You told me again you’d prefered handsome men, but for me you would make an exception ». Un coup de fouet et un ravalement de façade, bienvenus avant le collapse annoncé de la fin de semaine.
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25 novembre 2008

# 3 BACK TO MONO : JOHNNY, FAIS-TOI MAL

Johnny Thunders Entrevues

Vivifié par l’air belfortain, Bertrand Loutte livre à la vitesse de l’éclair un 3e post à propos de tonnerre et de poudre.

Johnny Thunders à la Poudrière, fallait oser ! De la part de Catherine Bizern, grande ordonnatrice d’Entrevues et responsable assumée de ce saisissant raccourci, est-ce de la candeur, de la provocation, ou plutôt l’art aiguisé de mettre le doigt là où ça fait mal, à la saignée du bras ? L’image de junkie terminal qui colle aux boots de Thunders ne va pas se trouver écornée par la topographie aventureuse de cette programmation (« Unfinished » de Lech Kowalski, projeté dans le club belfortain le 25 novembre), mais je crains qu’à ce sujet la cause soit entendue, le cliché définitivement fixé. « Unfinished », c’est le bonus, un montage de rushes sauvés des eaux (forcément fangeuses) du Mudd Club de New York. Mais la vraie pièce à conviction a pour nom « Born to lose », signé du même Kowalski. Le cinéaste entame le tournage de son documentaire le lendemain même du décès de Thunders, retrouvé mort dans une chambre d’hôtel de La Nouvelle-Orléans le 23 avril 1991.
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24 novembre 2008

# 2 BACK TO MONO : THE DAMION INSIDE ME

 Pluie violette

Alors que le festival Entrevues débute, Bertrand Loutte livre, en chronique familiale du regretté Tim Hardin, son second post.

Depuis le temps que je ressasse tout ça, il faudra bien qu’un jour je me décide à rendre visite à Damion. Damion et moi avons sensiblement le même âge. Je suis né une poignée de jours avant l’accident de moto de Dylan, et lui peu de temps après. Il passa d’ailleurs ses premières années près de Woodstock, à quelques encablures de là où un Dylan convalescent portait le deuil de sa Triumph 500 fracassée.
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