BOYS (IN ECONOMIC) CRISIS/ICELAND AIRWAVES

La recette est désormais éprouvée : une ville (Rekjavik/Islande), des clubs (7), des concerts, showcases et aftershows (200) pour exposer le temps d’un festival (Iceland Airwaves) la scène locale et les probables next big things. Le public,en nombre, est furieusement agité et les professionnels compulsifs. Festivals à la recherche de « la claque », managers à celui « du plan » qui emmènera leurs protégés au sommet. Le temps compte. L’argent aussi.
Surtout en ce mois d’octobre du côté de l’Islande où le drakkar économique tangue dangereusement. En tête de peloton des pays les plus riches du monde, le pays traverse la crise la plus grave de son histoire : dépréciation de la monnaie, faillites bancaires, avec l’habituelle cohorte de sombres conséquences (chomdu, récession…). Loin d’une quelconque empathie devant le désastre, les camarades européens prenaient l’affaire avec sourire : dans ce pays réputé cher, plus besoin de demander un devis avant de commander bière (Viking) ou hot dog…
(la baraque Baejarins Betzu est fortement conseillée). En matière de change, l’Euro est désormais roi sur l’île.
« La crise économique c’est fantastique, la décadence, c’est la bonne ambiance, je vais sortir ce soir, ce soir » chantonnait en 1981 le brave Vincent Fréniot et ses Civils.
Et on est sorti. Le premier jour pour voir pas grand chose. A contrario, le lendemain. Passons le set dilettante des clubbers new-yorkais Boys Crisis pour retenir celui tendu comme un arc Joy Divison des jeunes anglais The White Lies, petits cousins de Editors. On garde en mémoire la sèche mélancolie (avec violoncelle) de Munich (Aarhus/Danemark), l’étonnante presta solo du violoniste Final Fantasy, l’énergie du duo canadien Handsome Furs avec Dan Boeckner, transfuge de Wolf Parade (joli le coup de la pelle roulée entre 2 morceaux !). Toujours rayon sincou canadien, signalons le réjouissant set des biens nommés Miracle Fortress. Emmené par Graham Van Pelt (multi instrumentiste au sein de Think About Life) sur les rives vocales caressées jadis par les Beach Boys, et griffées par les bidouillages Tortoise. Five Roses (Secret City/Rough Trade) est un disque majeur écouté en boucle. Le quator Boys In A Band est ici en voisin et, comme Domenech, on a appris dorénavant à prendre très au sérieux les îles Féroé. BIAB propose un jeu 70’s généreux et résolument tourné vers l’attaque. Pendant que Yelle et Cristals Castles secouaient un Tunglid Club saturé et au bord de l’asphyxie et que Vampire Week End et CSS jouaient les têtes d’affiche au Reykjavik Art Museum, on assistait conquis au sacre -section « meilleur espoir islandais »- du sextet FM Belfast dans ce qui restera la plus grande party electro pop du festival en abolissant la frontière scène-salle. Reste la visite dominicale -au choix- des baleines (Whale watching), des geysers (Geysir), du vrai-faux lagon (Blue Lagoon), des cratères volcaniques (Kerio), des gigantesques cascades (Golden Falls Gullfoss) et autre faille entre plaques tectoniques pour achever en (immense) beauté (naturelle) la sortie islandaise.
JPRoland
Crédits photos : Alex « Shot » Stevens
Merci à Sandy (FME festival), guide canadien, Jean-Jacques, chauffeur breton et Gaby, apéro franco-anglo-norvégien.
Miracle Fortress - Maybe Lately
FM Belfast - Synthia
Handsome Furs - What We Had
The White Lies - Death (demo)

Joli résumé Jean-Paul. Il faut aller “une fois” en Islande pour se rendre compte de la beauté qui y réside.
Commentaire par Mr Shot! — 28 octobre 2008 @ 13:15
les bagages et le saumon islandais sont-ils enfin arrivés à bon port, sir alex ?
Commentaire par jpr — 28 octobre 2008 @ 17:35
Beau récit de voyage. Ca donne envie. Tout comme Miracle Fortress et The White Lies.
A +
Commentaire par Baptiste — 29 octobre 2008 @ 12:09
Ben wé que ça donne envie…
Géant The Whites Lies !
Dis donc Jean-Paul, tu étais en repérage pour GéNéRiQ?
@+, Jef
Commentaire par JEF — 3 novembre 2008 @ 0:42