Des liens qui circulent dans les boites mails, des vidéos qui tournent en boucle dans les bureaux, depuis plusieurs mois l’équipe des Eurocks scrute de près le weblog des Concerts à emporter. Le principe, des sessions filmées dans lesquelles des groupes improvisent leurs morceaux dans des endroits inattendus. Au tableau de chasse de la bande : Arcade Fire dans un monte charge, Herman Düne dans une laverie, Jeffrey Lewis dans un abri de bus, …
Dans le cadre du festival GéNéRiQ, l’équipe des Concerts à Emporter débarque à Belfort du 4 au 6 mars 2008. Au programme, 6 tournages musicaux autour des groupes repérages des Eurockéennes 2008 et d’artistes du festival GéNéRiQ : Yules, Generic, Nash, T, Moriarty et Sophie Hunger. Découvrez sur Pluie Violette la bande annonce-teaser de la série belfortaine des Concerts à Emporter. Les sessions complètes seront disponibles dans les prochains jours sur la Blogothèque et Eurockeennes.fr
SXSW : 4 consonnes pour l’énormissime rdv musical texan annuel South By South West. Pendant 4 jours à Austin, 1700 groupes (chiffre officiel) envahissent le moindre m2 -clubs, parkings, parcs, bars, terrasses d’hôtels, trottoirs…- de la ville texane sous une chaleur de plomb (33°c, record battu !). Pour tout fondu de musiques, Austin reste l’indescriptible Mecque (cf les youyous poussés par l’équipe du bureau à notre retour) où la simple consultation du programme donne tournis et acouphènes et crée d’entrée de sérieuses frustrations (« Okervill River Vs Rocky Erickson ou Motorhead ? R.E.M ou MGMT ? Talib Kweli ou Lobi Traoré ?»).
Outre l’aspect Blade Runner de la 6th Street et son maelstrom sonore issu de ses dizaines de clubs, c’est là et nulle part ailleurs que l’on peut prendre le pouls de la musique populaire… et croiser Lou Reed arpentant fièrement la rue côté wild side, taper la discute avec un Mick Jones hilare dans une cantina mexicaine ou encore serrer la louche à l’immense Kim Fowley en costard rayé. Les affaires débutent généralement à 13:00 dans les arrières cours ou terrasses des clubs (la promesse rusée du « free beer, free food » attire le chaland) pour se conclure à 2 :00. Timing serré pour les groupes avec 10 mn pour installer dare dare le matos et 30 à 40 mn de show.
L’urgence ne nuit pas aux meilleurs : on se plait à rêver à de nouveaux rivaux de Bonnie Prince Billy avec les new-yorkais Phosphorescent. Mac Lethal : une tête -bien faite- de hooligan signée sur le meilleur label hip hop de l’univers (Rhymesayers) qui crache un solide hip hop made in Kansas, rejoint sur scène par l’inquiétant Buckshwill Bill (ex- Geto Boy), la famille N.E.R.D au complet pour un show puissant qui retourne tout le Stub’s. Au rayon confirmations : Kid Sister (Chicago) à bout de souffle après un set electro club hip hop parfaitement tendu, Vampire Week End en louchant sur les Talking heads obtiennent la palme du set le plus hype, le jeune canadien Cadence Weapon et son flow élastique, Atlas Sound (nouveau projet spatial du talentueux Bradford Cox du groupe Deerhunter) assombrit brillamment une aprèm ensolleillée, A Place To Bury Strangers, qui remet les guitares new wave dans le rouge (« loudest band in new york » clame le flyer). On oublie vite les déceptions (Cuninlynguists, These New Puritans) avec la soirée Spank Rock (featuring Santogold, Amanda Blank, Pase Rock) sur la terrasse du Texas Garage sous un ciel texan étoilé. Top of the world !
> Ecoutez !
Phosphorescent - Wolves
Kid Sister - Pro Nails Happy Fun
A Place To Bury Strangers - To fix the gash into your head
Jacques Livchine, co-directeur du théâtre de l’Unité revient sur Pluie Violette pour son quatrième Jakadi :
Ça coûte 710 € l’avion pour Niamey. Nous sommes convoqués par l’ambassade de France au titre de la coopération culturelle, histoire de faire un état des lieux du théâtre au Niger. C’est quasiment le pays le plus pauvre du monde. Faut–il s’occuper des problème de l’art alors que le problème de la faim n’est pas encore réglé ? Ma réponse : une société c’est comme un corps, tu vas pas t’occuper uniquement de l’estomac et abandonner les autres organes. Tout est solidaire.
On déborde du théâtre, nous rencontrons les rappers. Ils nous demandent conseil : comment faire pour jouer en France, puisque chez eux, ils n’ont aucune chance de percevoir la moindre rétribution ? Je leur dis : si votre rap est copie conforme du rap occidental, vous n’avez aucune chance. Inventez le rap touareg, le rap peuhl, un rap à vous, un rap nigérien, soyez spécifique, soyez unique, soyez vous–mêmes. Et là, miracle, Dankowa sort du rang, il a 27 ans, et il nous scotche. La langue est étrange, les gestes chorégraphiés à la touareg, ça sort de l’ordinaire, c’est vitaminé. Je lui promets de retour en France de parler de lui. Son mel : dankowa@yahoo.fr.
A part ça, on a vu dans la savane, 7 des dernières 300 girafes du monde.
La lumière s’éteint déjà et le film est terminé… GéNéRiQ 2008 s’achève après 15 jours de bouillonnement artistique au cœur de l’hiver. Dans le désordre, on retiendra notamment la reprise low-fi de Depeche Mode par Moriarty à l’église St-Joseph de Belfort, la déflagration Comanechi qui, pour leur concert au bureau, font chuter les plâtres, les premiers pas dans la neige de l’Ivoirienne Nash, l’enthousiasme débridé des bambins devant Olivia Ruiz… et tant d’autres instants forts qui se sont déroulés à Dijon, Besançon, Baumes-les-Dames, Montbéliard, Belfort, Mulhouse, Kingersheim , Bâle ou Freiburg.
Avant de refermer la page de ce GéNéRiQ 2008, petit cadeau avec une pastille sonore signée Jeff lors du concert d’Oh No ! Oh My ! dans un appartement Belfortain.
> Oh No ! Oh My ! en appart (Jean-François Fernandez)
Le dernier week-end de l’aventure GéNériQ #2 se profile. Tumultes scéniques et rencontres inoubliables ont rythmé cette 15aine dans le grand Est. Avant de refermer le rideau sur cette seconde édition, à Belfort ce soir, et demain à Besançon et Dijon, retrouvez un titre live de Nash et Faso Kombat.